Betteraves sucrières : comment sont traitées les semences ?

Avant de devenir ces graines bien rondes et de couleur bleue prêtes à être semées dans les champs, les semences de betteraves passent par un process industriel en usine. Ce processus joue un rôle essentiel dans leurs performances et garantit la qualité des semences livrées.

De la récolte dans les champs de multiplication jusqu’à leur livraison chez les agriculteurs, chaque étape contribue à préparer des semences fiables et performantes. Un focus sur ces étapes permet d’en comprendre tout l’intérêt.

Pré-nettoyage

Une fois la récolte des semences terminée, une première étape de pré-nettoyage est réalisée à proximité des zones de multiplication (France et Italie). Cette opération vise à éliminer les grosses impuretés telles que les pierres, ainsi que la poussière et autres saletés. Elle prépare les semences pour les étapes suivantes du traitement.

Triage

Les semences brutes de betteraves sucrières et fourragères arrivent ensuite dans notre usine de Cappelle-en-Pévèle dans de grands octabins.

Ces octabins sont transvidés dans des containers métalliques, qui alimentent nos différentes lignes de transformations.

Façonnage

Le triage des semences se déroule en deux grandes étapes. La première est le façonnage.

Les graines passent d’abord dans un nettoyeur-séparateur qui affine le pré-nettoyage réalisé à la récolte. Elles traversent ensuite un aimant, qui élimine toute particule métallique susceptible d’endommager nos équipements. Puis vient le tri à air, qui écarte les éléments trop légers ou trop lourds pour être des graines pleines.

Ces étapes garantissent que seules les semences de taille et de poids conformes aux normes en vigueur seront conservées.

Dans un second temps, les semences passent dans des polisseuses. À ce stade, elles sont encore irrégulières et recouvertes d’une couche externe appelée péricarpe, qui contient des inhibiteurs naturels de germination. Le polissage permet d’éliminer l’excès de péricarpe

Calibrage

La seconde étape du triage est le calibrage. Elle permet de séparer les semences façonnées en différentes fractions selon leur diamètre, en vue de l’enrobage :

  • Les « petites », de diamètre compris entre 2,60 et 3,00 mm.
  • Les « grosses », de diamètre compris entre 3,00 et 4 mm.

Ces fractions recevront une charge d’enrobage adaptée, de manière que toutes les semences atteignent finalement un diamètre compris entre 3,50 et 4,75 mm, selon les marchés.

À noter qu’à chaque étape du triage, les semences passent sur une table densimétrique. Cette opération permet d’éliminer les semences vides et de s’assurer que seules les graines contenant un embryon seront enrobées.

Activation

L’activation a pour objectif d’initier, de manière contrôlée, les premières étapes de la germination de la graine, sans la laisser entamer la levée. Les semences sont placées dans un environnement humide et à température optimale pour débuter la germination, avant d’être séchées pour interrompre le processus.

Toutes les semences ne sont pas activées : cela dépend des variétés et des marchés. L’activation n’est donc pas systématique.

Cette méthode permet une levée plus homogène et rapide dans les champs, même en cas de conditions climatiques difficiles.

Pelliculage

Le pelliculage est la dernière étape du processus de transformation des semences.

Cette étape implique l’application d’une fine couche de produits phytosanitaires (fongicides ou insecticides) directement sur les graines enrobées, ou nues. Ce traitement protège le potentiel de rendement des variétés en limitant les risques liés aux maladies et ravageurs dès le semis.

Appliquer les produits directement sur les graines permet de réduire les besoins de pulvérisation au champ. Cela limite la quantité totale de pesticides utilisée, contribuant ainsi à une culture de betterave plus respectueuse de l’environnement.

Le choix des produits appliqués varie selon les réglementations des marchés de destination et les commandes spécifiques des clients.

Par ailleurs, c’est au cours de cette étape que les graines prennent leur couleur caractéristique : bleu pour les betteraves sucrières, vert pour les fourragères.

Après le pelliculage, les semences sont de nouveau séchées.

Conditionnement et expédition

Une fois les graines traitées et les contrôles de qualité validés, elles sont prêtes pour le conditionnement.

Les semences sont conditionnées en boîtes unitaires standards :

  • Une « unité » correspond à 100 000 graines pour les betteraves sucrières
  • Une « dose », c’est 50 000 graines pour les fourragères

Ces boites sont mises par 4 dans un suremballage, puis sur palette pour l’expédition. On trouve entre 300 et 360 unités par palette.

Certains marchés requièrent un conditionnement spécifique. Par exemple, pour la Nouvelle-Zélande, les semences de betteraves fourragères sont expédiées en boîtes de 80 000 graines.

La ligne de conditionnement appose également un certificat sur chaque boite. Celui-ci garantit la conformité des semences aux normes de qualité, leur authenticité, et assure une traçabilité stricte.

L’expédition est ensuite organisée selon la destination et les quantités commandées, que ce soit pour des exploitations locales ou des marchés internationaux !

Analyse de la qualité des semences

À chaque étape du processus de transformation des semences en usine, un échantillon du lot transformé est prélevé et envoyé au Laboratoire d’analyse de la qualité des semences.

L’équipe y réalise divers tests, notamment des essais de germination sur papier buvard, des analyses de calibrage, la mesure du poids de mille grains (le PMG est utilisé lors des étapes de traitement et de conditionnement afin de définir le poids pour une unité ou pour une dose), ainsi que des évaluations de la résistance des graines au stress. Ces contrôles stricts garantissent que chaque lot répond aux normes en vigueur.

Toutes les données sont enregistrées dans une base de données centrale, assurant une traçabilité rigoureuse.