Innovation & Recherche

Sélectionner, c’est investir dans l’innovation et mutualiser expertises et savoir-faire, dans le but de créer des variétés adaptées aux défis de l’agriculture de demain.

La sélection variétale, au cœur de l’innovation

Métier ancestral, la création variétale est aujourd’hui, à l’image de l’agriculture, résolument tournée vers l’innovation.
Le métier de sélectionneur s’est transformé de l’agronome omniscient à un écosystème de scientifiques divers tendus vers des objectifs communs. Les experts en pathologie, génétique, biométrie, biotechnologies et sciences omiques mettent leurs connaissances au service de l’amélioration variétale pour permettre aux sélectionneurs d’innover de manière plus précise, efficace, et rapide.

Des partenariats de recherche pour avancer plus vite, ensemble

La recherche est également adossée à des programmes collaboratifs publics/privés qui permettent de mettre à profit les compétences de chacun pour s’intéresser à des problématiques complexes et avancer ensemble.
Le Groupe Florimond Desprez mène actuellement divers projets de manière collective.
En céréales, des projets, soutenus par le Fonds de Soutien à l’Obtention Végétal (FSOV) et par le Compte d’affection Spécial au Développement Agricole et Rural (CASDAR), dont les objectifs sont d’accompagner la transition écologique et soutenir une agriculture durable, sont développés conjointement avec des scientifiques issus de divers horizons.   
En betterave sucrière, pour lutter contre les effets dévastateurs des jaunisses virales, le programme FLAVIE, labellisé PNRI – Plan National de Recherche et d’Innovation réunit cinq des plus grands semenciers actifs sur le marché français : Betaseed, Florimond Desprez, KWS, MariboHilleshög et SESVanderHave avec un objectif ambitieux, celui de déposer des variétés à la fois compétitives et résistantes aux jaunisses dans les essais officiels français à partir de 2024.

La recherche et l’innovation en mode portraits

L’amélioration des plantes est un travail qui se réalise en équipe en associant les expertises de chacun. Petit tour d’horizon des différents acteurs et disciplines impliqués dans l’innovation variétale.



Delphine Taillieu, Sélectionneur Blé Tendre

« Mon métier ? Créer de nouvelles variétés qui apporteront un progrès agronomique, technologique et nutritionnel. Pour cela, nous étudions un grand nombre de plantes et nous croisons les plus intéressantes entre elles pour obtenir des descendants cumulant des caractères d’intérêt. Les critères de sélection sont de plus en plus nombreux et doivent répondre à la fois aux besoins des agriculteurs (rendement, résistance aux maladies, …), des filières (contraintes industrielles, conservation, …) et aussi des consommateurs (organoleptiques, taux de protéines, …) et de l’environnement (stress hydrique, efficacité d’utilisation de l’azote, …). C’est un vrai challenge surtout lorsque l’on sait qu’il faut en général 8 à 10 ans pour créer une nouvelle variété. »

Ellen Dugué-Goudemand, Généticienne

« J’apporte aux sélectionneurs des informations précises sur le génome des plantes qu’ils étudient pour orienter leurs choix de sélection. Nous sommes capables de localiser les régions majeures du génome qui gouvernent les caractères d’intérêt qualitatifs, comme certaines résistances aux maladies, puis de définir des marqueurs précis pour suivre facilement ces zones en sélection, à travers les générations.
Pour les caractères quantitatifs (rendement, qualité, …), la multiplicité des régions impliquées rend le travail plus complexe. Nous utilisons alors la sélection génomique, qui consiste à prédire les caractères d’intérêt, grâce à un index génomique construit en additionnant les effets de chaque région du génome. » 

Pierre-Edouard Guerin, Bio-informaticien

« J’ai une double compétence en informatique et en biologie. Dans le cadre de ma mission, j’analyse et interprète les séquences ADN à l’aide de programmes et de logiciels informatiques afin de caractériser les différences et similitudes entre plantes et d’en tirer des informations pertinentes et utiles aux sélectionneurs.
Concrètement, en étudiant le génome des plantes, je peux détecter toutes les variations dans le code génétique de chacune d’entre elles. Elles peuvent être ou non liées à des caractères d’intérêt pour le sélectionneur, mais là c’est au généticien de le montrer ! Ces variations entre les séquences sont de futurs marqueurs moléculaires potentiellement intéressants. »

Noémie Becu, Biologiste Moléculaire

« Mon métier consiste à caractériser les plantes d’un point de vue moléculaire.  Une fois les marqueurs définis in silico (sur ordinateur) par les bio-informaticiens, j’ai la charge de les tester in vivo. Dès qu’ils sont validés, nous pouvons les utiliser afin d’analyser la présence de gènes d’intérêt (résistance à des pathogènes, qualité industrielle ou organoleptique, couleur des racines, …) et ainsi aider le sélectionneur dans son programme de sélection. Avec seulement 30 milligrammes de feuille ou de racine, nous pouvons analyser à très haut débit plusieurs dizaines de marqueurs génétiques grâce à l’utilisation d’instruments robotisés de haute technologie. »

David Lefebvre, Biologiste Cellulaire

« En conditions in vitro et in vivo, je multiplie des plantes et produis des plantes haploïdes doublés afin d’accélérer et d’optimiser les programmes de sélection.
La multiplication de plantes in vitro, ou clonage, permet en effet de fournir rapidement plusieurs copies d’un même individu d’intérêt au sélectionneur. Les plantes cultivées in vitro peuvent être conservées en chambre froide durant plusieurs années pour être utilisées ultérieurement.
D’autre part, la production de plantes haploïdes doublés permet d’obtenir une lignée pure en une seule génération et de fixer les caractères. Cette méthode permet ainsi d’accélérer de plusieurs années le processus de création variétale tant en céréales qu’en betteraves. 

Guillaume Saubeau, Phytopathologiste

« J’étudie les maladies des plantes et plus précisément les champignons, les bactéries ou les virus ainsi que leurs vecteurs (comme les pucerons) qui les provoquent. A la demande des sélectionneurs, je développe des tests « maladies » en serre pour évaluer précisément le comportement de nos plantes face aux bio-agresseurs. Le développement d’outils de diagnostic des maladies fait également partie de nos missions. On s’oriente aussi de plus en plus vers l’étude des insectes qui peuvent, en plus de transmettre des virus, causer de gros dégâts sur les cultures.
Je mène en parallèle une veille scientifique pour repérer les maladies qui évoluent, voire émergent sur tous les continents et qui risquent de mettre au défi nos variétés des décennies à venir. »

Ingénieur en analyse d’images

« J’analyse les images issues des drones ou des caméras hyperspectrales pour étudier la corrélation entre les paramètres de base établis par les sélectionneurs, tels que les résultats maladies, avec les différents paramètres extraits des images.
Au quotidien, j’utilise des langages de programmation pour concevoir des outils de traitement de données qui permettront d’effectuer les différentes étapes de l’analyse d’images : du pré-traitement à l’extraction de statistiques utiles au sélectionneur comme des notes de résistance aux maladies, des caractères physiologiques tels que la précocité ou du comptage de plantes. »